La série Anima rassemble un ensemble de figures animales hybrides, colorées et stylisées, à mi-chemin entre le dessin instinctif, le symbole et la créature imaginaire. Chaque forme semble surgir d’un langage visuel libre, presque premier, où l’animal n’est pas représenté de manière réaliste, mais réinventé comme une présence intérieure.
À travers cette série, l’animal devient un territoire d’exploration sensible. Il n’est pas seulement une figure du vivant, mais un support de projection : peur, douceur, défense, fragilité, mutation, étrangeté ou vitalité. Chaque créature semble porter un tempérament, une énergie, une manière d’habiter le monde. Certaines paraissent drôles, d’autres plus inquiétantes, archaïques ou silencieuses, comme si elles venaient d’un bestiaire mental.
Le titre Anima renvoie à l’idée de souffle, d’âme, de principe vivant. La série explore justement cette part animée, mouvante, instinctive, parfois enfouie, qui traverse les formes. Ces animaux ne cherchent pas à appartenir à une espèce identifiable. Ils existent plutôt comme des présences symboliques, des fragments d’imaginaire, des êtres intermédiaires entre le jeu, le rêve, le souvenir et le mythe.
Le travail graphique assume une grande spontanéité : contours affirmés, couleurs franches, motifs internes, disproportions, simplifications. Cette liberté formelle donne à la série une dimension presque rituelle ou enfantine, au sens noble du terme : une manière directe de faire surgir des figures sans les figer dans les codes du réalisme. Le trait conserve quelque chose de vif, de brut, de vivant, comme si chaque animal apparaissait dans l’élan même de sa création.
Anima propose ainsi un bestiaire sensible où chaque figure agit comme une apparition. Entre humour, étrangeté et émotion, la série ouvre un espace où l’animal devient langage intérieur, mémoire de formes, et miroir discret de nos propres états.